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Élections en Italie: la Fashion Week de Milan mobilisée contre l'extrême droite

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AFP
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25 sept. 2022

Stylistes des grandes maisons italiennes et influenceurs profitent de la fashion week milanaise pour mobiliser l'opinion italienne contre l'extrême droite avant les législatives de dimanche.


La styliste italienne Donatella Versace salue le public à l'issue de la présentation de sa collection à la Fashion Week de Milan, le 23 septembre 2022 - Miguel MEDINA AFP



Alors que les sondages donnaient en tête le parti post-fasciste Fratelli d'Italia de Giorgia Meloni et prévoient une forte abstention, le directeur artistique de Valentino, Pierpaolo Piccioli, Donatella Versace et l'influenceuse Chiara Ferragni ont pris la parole sur les réseaux sociaux pour appeler leurs abonnés à se rendre aux urnes.

"Allez voter, ces élections sont très importantes pour notre pays! Le 25 septembre, votez pour protéger les droits acquis, en pensant au progrès et en regardant vers le futur", a exhorté sur Instagram Donatella Versace, dont la maison défile ce vendredi à Milan.

Pierpaolo Piccioli, se présentant comme "un homme de gauche", a lui aussi invité les jeunes à aller voter.

"Penser qu'il y a des gens, des êtres humains qui en ce moment peuvent craindre, avoir peur, des conséquences de ces élections me rend fou de rage", a-t-il dit.

"J'espère que tous les jeunes de 18 ans et plus iront voter le 25 septembre, car il ne faut pas reculer d'un pouce sur les droits acquis", a-t-il affirmé face au programme réactionnaire de Mme Meloni sur les questions de société.

"Oui aux familles naturelles, non au lobby LGBT! Oui à l'identité sexuelle, non à l'idéologie du genre! Oui à la culture de la vie, non à l'abîme de la mort!" avait-elle affirmé en juin.

Chiara Ferragni a invité ses millions de followers sur Instagram et Tiktok à défendre "le droit des femmes à l'avortement, le droit des personnes LGBT à ne pas être battues, insultées, discriminées, le droit de ceux qui souffrent de décider de leur propre vie, celui d'un enfant de se sentir appartenir à ce pays même s'il est fils d'étrangers".

La femme d'affaires s'adresse en particulier à tous ceux qui "ne se sentent pas représentés" et aux "déçus": "C'est à nous de choisir de protéger et d'étendre ces droits ou de les abandonner entre les mains de ceux qui veulent les entraver". "Ne pas voter, c'est seulement déléguer à d'autres ce qu'il nous appartient de décider", conclut-elle.

"Front contre l'extrême droite"



Les maisons de couture se sont aussi mobilisées pour permettre à ceux qui travaillent autour des défilés milanais de voter dimanche.

"La maison a complètement réorganisé le travail pour nous permettre de rentrer chez nous pour voter", raconte ainsi à l'AFP Giacomo, qui travaille au bureau de style de Gucci à Rome mais se trouve à Milan pour la fashion week comme le reste des équipes.

"On a anticipé beaucoup de choses pour finir samedi, sur les rotules mais rassurés de pouvoir aller voter. Certains d'entre nous remontent à Milan dès dimanche soir ou lundi pour poursuivre le travail de l'après-défilé et tout est pris en charge par Gucci", se réjouit-il.

Au final, entre designers, stylistes, responsables de la production mais aussi équipes produits et marketing, ce sont 80% du personnel des maisons qui sont mobilisés pour les showrooms milanais avant le défilé mais aussi après pour toute la phase de commercialisation de la collection.

Les habitudes ont été bouleversées pour permettre à tous de rejoindre leur lieu de résidence, le vote par procuration n'étant pas autorisé en Italie.

L'enjeu est d'autant plus important que le taux de participation pourrait descendre en-dessous de 70%, un niveau historiquement bas pour la péninsule.

"Certains d'entre nous doivent aller voter dans les Pouilles, en Sicile, en Sardaigne! C'est d'ailleurs impensable qu'en 2022, avec tous les moyens technologiques dont on dispose, on doive encore se déplacer pour voter", s'énerve Roberto Strino, 39 ans, employé chez Giorgio Armani.

"Je le ferai, car ces élections sont très importantes et il faut faire front contre l'extrême droite", ajoute-t-il aussitôt.

"Nous avons décidé de fermer le showroom Fendi toute la journée de dimanche", a annoncé pour sa part Serge Brunschwig, le PDG de Fendi, en marge du défilé de la maison romaine.

"Nous prenons en charge les déplacements de nos équipes italiennes pour qu'elle puisse se rendre dans leurs bureaux de vote et revenir à Milan dès lundi ou mardi".

Par Isabelle SCIAMMA

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