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Sankuanz, Rhude et Phipps lancent la Fashion Week masculine de Paris

Publié le
today 14 janv. 2020
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Inaugurer la première journée d’une Fashion Week n’est jamais un exercice facile. Si certaines saisons nous avaient habitués à quelques entrées théâtrales mémorables  - merci à Palomo Spain -, celle qui débutait ce mardi 14 janvier ne sera, sans doute pas inoubliable. Quoique.


Sankuanz - Fall-Winter2020 - Menswear - Paris - © PixelFormula


Cobaye de cette première journée, le créateur chinois, Shangguan Zhe et sa marque Sankuanz donnait rendez-vous à l’Ellian Art Gallery rue de Turenne. Pas forcément bien inspiré, le créateur choisissait une lumière sombre garantissant une mine patibulaire à tous les invités, l’éclairage à l’Iphone ne rattrapant rien, le mot d'ordre des photographes étant à l’extinction sans appel de la luminosité de nos appareils.
 
Lancés sur un rythme toujours trépidant, les mannequins Sankuanz affichaient leur dégaine punk, tatouée et destroy, tous vêtus de cuir, de noir, de tailleurs draculesques, la couleur - fluo - s’immisçant au fil des silhouettes par touches, en liséré sur jogging, en uni sur pantalons et bottes ou sur des chemises à carreaux aux effets bûcherons disco. Why not, chuchotait l’assemblée. 

Bien mieux pensés, des ensembles aux vestes superposées ajoutaient un ton street militaire bien organisé. La touche punk revenait au galop à coup de ceintures à clous et de perfectos graffés, clins d’œil à Berlin et son mur. Entre deux silhouettes, Sankuanz montrait sa dernière collaboration avec Adidas, du fluo encore, et des modèles qui feront l’objet d’un lancement dans quelques semaines à Shanghai.


Rhude


Rhuigi Villasenor et son label Rhude faisait partie des marques attendues cette saison à Paris. Pour sa première au calendrier officiel, le créateur d’origine philippine installé à Los Angeles réunissait ses invités au mythique Elysée Montmartre. Dans la salle, du bandana par-ci, par-là (ndlr, le garçon ayant été révélé grâce au rappeur Kendrick Lamar en tee-shirt bandana), de la casquette made in US et griffée L.A à foison.
 
Sur scène, deux joueurs de tambours lançaient une série de silhouettes hommes et femmes aux looks structurés, mêlant esprit couture et sportswear, se déclinant dans une palette de couleurs terriennes, pastel ou lamées, faisant référence aux symboles U.S (teddy revu et corrigé à la sauce Thriller, pantalons aux effets « chap » de cow-boy), comme à l’esprit tailoring (manteaux, gabardines, doudounes boxy). Une première collection parfois décousue, difficile encore à cerner, mais dont la recherche de coupes et d’esprit font rêver de lendemains heureux. 


Défilé automne hiver 2020 Phipps


La vraie révélation venait juste en face, au théâtre du Lycée Jacques Decour, lieu choisi par l’américain Spencer Phipps pour présenter sa troisième collection à Paris. 
 
Sur les bancs de l’assemblée, un livret intitulé « Treehugger, tales of forest » donnait le ton d’une collection dédiée aux gardiens de Mère nature et à la protection des forêts, thématique plus que jamais d’actualité. 
 
Réunis sur l’estrade, les mannequins de Phipps - choisis dans tous les formats, avec muscles, frêles, bâtis comme des bûcherons ou néo-éphèbes - célébraient l’homme dans sa diversité, un parti-pris du créateur depuis ses débuts, et défilaient sagement en tenues de gardes forestiers (à la mode U.S), chapeau vissé sur la tête et pantalons de velours aux imprimés galactiques, de campeur à la touche street ou pèlerins en combinaisons ou écharpes imprimées, l’œuvre de la photographe Linda Westin. 
 
Fil directeur de la collection, la mascotte de l’Office des forêts des Etats-Unis, le « Smokey the Bear » (ndlr, un personnage enseignant aux enfants les bonnes attitudes à adopter en cas de feu de forêt) se retrouvait en imprimés sur sweat-shirts et pulls, offrant une touche délicatement régressive à la collection.
 
Sensible aux questions environnementales et partisan d’une mode durable, Spencer Phipps profitait de l’occasion pour développer ses nouvelles matières fétiches à l’instar du « cuir d’ananas » décliné en empiècements de doudounes, et pour lancer un nouveau label, le « Gold Label » réunissant des pièces issues de pièces de seconde main ou issues de fins de stocks, venant appuyer le propos intemporel de ses collections.

Saluant sur la scène du théâtre, le créateur Spencer Phipps reçu la première clameur de la journée, et donc de la semaine. 
 
 

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