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20 oct. 2020
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Roseanna affirme son propos écoresponsable et s’essaie aux précommandes

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20 oct. 2020

Finalisé pendant le confinement mais débuté plusieurs mois plus tôt, le manifeste de Roseanna pour marquer son orientation vers une mode plus durable est dévoilé cet automne. Un mélange de remise en question, de mise en avant des points forts et d’identification de nouveaux leviers qui a eu lieu sous la supervision d’un consultant spécialiste de la RSE. "C’est un vrai travail de fond, un plan d’engagement à trois ans qui témoigne de notre volonté que la marque soit actrice d’un changement durable", introduit Barbara Quaranta, directrice générale de la marque de mode parisienne née en 2007.


Collection automne-hiver 2020/21 - Roseanna


Un manifeste à 360 degrés qui n’est pas figé et sera enrichi au fur et à mesure de leurs recherches: il aborde tous les piliers inhérents à la société, de la matière première à l’énergie consommée dans les bureaux. En ce qui concerne l’amont, la marque ne travaille qu’avec un nombre très restreint de fournisseurs, par choix. "Tisser un lien fort avec les partenaires était déjà dans l’ADN de Roseanna, mais c’est surtout très important pour s’assurer que la chaîne est saine. Nous avons lancé en 2019 une série d’audits chez nos fournisseurs de rang 1, 2 et 3 et sommes en cours de rédaction d’une charte qualité qu’ils devront signer et respecter", poursuit la dirigeante. Selon les pièces, la fabrication s’effectue en Europe (France pour 10%, Italie, Portugal et Pologne), en Inde et en Tunisie. Au départ 100% made in France, la marque a cherché de nouveaux partenaires hors de ses frontières au fil des années, non pas en quête de marge mais pour "des problèmes de quantité et de savoir-faire qui disparaissaient".

Côté matières, Roseanna emploie de plus en plus de textiles naturels ou recyclés. Pour l’été 2021, 25% de la collection sera confectionnée à partir de matières écoresponsables (cuir régénéré, coton organique…). "Le point de départ de la création, c’est le caractère d’une matière. Un produit sera désirable pour son style, mais durable par sa qualité, et c’est parfois difficile de placer le curseur: vaut-il mieux utiliser un tissu durable (mais constitué de fibres neuves, ndlr), plutôt que recyclé, qui peut être plus fragile et donc moins résistant dans le temps ?", s’interroge Anne-Fleur Broudehoux, cofondatrice et directrice artistique de Roseanna, qui murît d'autre part un projet autour de l'upcycling, à partir des anciens tissus dormants issus des collections précédentes.

Autres objectifs listés pour l'avenir ? Mettre en place une production durable de denim, atteindre le zéro plastique à usage unique, ou encore proposer le don en caisse. Le manifeste compilant ces initiatives et directions à suivre est publié sur le site de la marque, mais n’a pas vocation à servir de publicité. "Ce n’est pas un outil marketing, c’est un guide pour nous et un support pour les clientes qui veulent obtenir des informations sur le sujet de la durabilité", atteste Barbara Quaranta.


Cette saison, la créatrice a été inspirée par la designer italienne Gabriella Crespi, associée au chic des années 70. - Roseanna


Orchestrant une optimisation du nombre de références, Anne-Fleur Broudehoux a décidé de modifier le rythme de commercialisation pour la saison prochaine. Il n’y aura pas de pré-collection, mais trois grands lancements, de la transition vers le printemps jusqu'au plein été. Elle a aussi noué cet automne une collaboration avec la plateforme dédiée au lifestyle The Socialite Family, qui s'articule autour d'une capsule comprenant un canapé, des coussins et un sac à main tous habillés d'un jacquard tissé en Italie au motif léopard. La particularité du projet ? Son fonctionnement par précommande, "pour une production plus juste". Les clients intéressés ont jusqu'au 8 novembre pour réserver un des articles (en ligne et en boutique), qui seront livrés plus tard. Une première sur le sujet de la mode à la demande que la créatrice souhaiterait tester pour sa propre marque à l'avenir.


La collaboration entre Roseanna et The Socialite Family née de l'amitié entre Anne-Fleur Broudehoux et Constance Gennari. - DR


La marque au positionnement "contemporary premium" s'appuie sur un parc de quatre boutiques à l'enseigne, de trois corners en grand magasin et d'un réseau de 150 revendeurs multimarque. "Malgré la crise, le réseau wholesale – qui représente la moitié de nos ventes - fonctionne très bien à l'heure actuelle, nous avons même recruté de nouveaux clients en France. On observe un vrai dynamisme hors de Paris, note la directrice générale de la marque, qui a lancé pendant le confinement un service de personal shopping par téléphone, et a obtenu un PGE pour faire face à la crise. Cela nous donne de l'optimisme, y compris sur le marché américain, si l'on exclut les department stores".

En revanche, pas d'ouvertures prévues à l'enseigne pour les prochains mois. "On a ajouté de nouvelles boutiques en 2019 et l'heure est à la consolidation de ce business. D'autre part, nous avons réalisé une croissance fulgurante sur le web, où nos ventes vont doubler entre 2019 et 2020, pour atteindre 30% du chiffre d'affaires global".

Roseanna, qui a vu entrer en 2019 à son capital la société d’investissement Vog (Ba&sh, Make my Lemonade, Livy…), ne communique pas le montant de son chiffre d’affaires mais précise qu’elle devrait terminer l’année en très légère croissance, en dépit de la pandémie. "C'est évidemment un bilan fragile et un combat quotidien, car nous naviguons à vue en raison du Covid-19, mais nous sommes confiantes pour retomber sur nos pattes, car la taille moyenne de notre structure nous permet d'être assez agiles", conclut Barbara Quaranta.

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