Princesses en safari chez Antonio Marras

De la robe combinaison en satin bordée de dentelle au tailleur militaire kaki à col python s’entrechoquent deux mondes antagonistes. Ce sont ces deux univers qu'a voulu explorer cette saison Antonio Marras, jusqu’à les faire fusionner avec poésie, sans jamais perdre de vue la fonctionnalité du vêtement.


Une silhouette Antonio Marras pour l'été 2019 - FashionNetwork.com ph Dominique Muret

Pour construire sa collection printemps-été 2019, présentée vendredi à Milan, le designer sarde s’est inspiré de l’histoire de la princesse Romane Worq, fille aînée du Négus, dernier empereur d'Ethiopie, qui fut exilée en 1937 dans l’île sarde de l’Asinara, à l’époque considérée comme un sorte de Cayenne italienne, après la conquête de l’Abyssinie par Mussolini.
 
« J’ai voulu raconter l’histoire de ce passage d’un lieu et d’un monde à l’autre, où les souvenirs du passé sont évoqués ici et là, à travers les broderies, dentelles et autres décorations précieuses, tandis que les vêtements de cette voyageuse exilée s’adaptent aux nouveaux territoires, qu’elle découvre, par ajouts et superpositions de nouveaux éléments », explique Antonio Marras en coulisses.
 
Un pantalon militaire à coulisse est ainsi associé à un top soutien-gorge en dentelles, tandis qu’un sweat-shirt à capuche sans manches est décoré d’applications de fleurs et perles. Ailleurs, une peau de léopard brillante borde une robe noire brodée de fleurs rouges ou traverse tout du long un maxi coupe-vent jaune d’or en nylon, tandis que les pois blancs d’une robe plissée noire se confondent avec les tâches du guépard.


Tonino Serra a réalisé les chapeaux de la collection Antonio Marras - FashionNetwork.com ph Dominique Muret
 
L’Afrique est très présente en effet dans cette collection, qui voyage de déserts en savanes, entre safaris et explorations dans la jungle. Les références aux animaux sauvages ou exotiques sont multiples. Ainsi, des plumes colorées embellissent une veste kaki. Des empiècements effet python s’incrustent dans le dos d’un top ou s’entrechoquent dans des vêtements patchwork avec des imprimés zébrés ou léopardés.
 
Le dressing de cette exploratrice se complète par de somptueux chapeaux « végétaux », qui se développent en volume au-dessus de la tête à travers des cascades de fougères ou un entrelacs de branches fleuries, où viennent se poser une myriade de papillons. Des petits chefs-d’œuvre de poésie signés par le « flower designer » Tonino Serra.
 
Du jardin à la jungle, un seul même fil parcourt la collection, celui de la couleur verte, allant du kaki au lime. Comme le résume Antonio Marras, en citant l’écrivain Sergio Atzeni : « Deux couleurs existent au monde, le vert est la deuxième ».

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