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Cecile Herrero
Publié le
29 sept. 2022
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Paris Fashion Week: Courrèges, 3.Paradis, Koché et Undercover

Traduit par
Cecile Herrero
Publié le
29 sept. 2022

La semaine de la mode à Paris est une occasion de vérifier le statut des créateurs indépendants, comme Christelle Kocher chez Koché, Emeric Tchatchoua chez 3.Paradis et Jun Takahashi chez Undercover. Même si le seul grand défilé de ces dernières 24 heures était celui de Nicolas Di Felice pour Courrèges, propriété d'une branche de l'empire du luxe de la famille Pinault.

Courrèges: en avant vers le futur




Un mannequin marchant pied nu pour le défilé printemps-été 23 look by Courrèges - Courrèges


La pluie, puis le sable, sont tombés en abondance chez Courrèges mercredi lors d'un subtil changement de braquet et d'un subtil show de Nicolas Di Felice pour la maison.

S'éloignant des codes familiers de la maison, à savoir le logo AC, le faux cuir synthétique, le vinyle et le futurisme rétro, Nicolas Di Felice a débuté son show avec des chemises d'homme oversize entièrement blanches coupées en robes, des robes cocktails à peine visibles et des gilets sur des jeans évasés.

Tenu à l'intérieur d'une structure entièrement blanche du nord de Paris, l'ensemble de la cabine a marché autour d'un cercle central de sable de 10 mètres de diamètre. Beaucoup de mannequins étaient pieds nus, ou même portaient leurs sacs à bandoulière ou leurs chaussures à la main.

Un bon tiers du casting portait des vestes en bandoulière à l'épaule, retenues par des sangles intérieures. Bella Hadid portait même sa veste en jean délavé nouée autour de ses hanches.

Surtout, les détails étaient excellents: des mitaines métalliques argentées, des jupes terminées par des fermoirs en tissu pendants, une grande série de pantalons évasés complétés par des clous à l'intérieur des jambes ou de multiples œillets. Et des vestes volumineuses avec les poches surdimensionnées qu'affectionne le fondateur André Courrèges, qui a fondé sa maison en 1961.

Ce qui a rendu cette collection si géniale, c'est qu'elle a réussi à être hyper moderne et très Courrèges sans tomber dans une utilisation clichée de l'ADN de la marque. De plus, une grande partie des vêtements est désormais fabriquée dans un vinyle beaucoup plus écologique, à base de polyuréthane biologique recyclé.

Il n'est pas étonnant que le populaire Di Felice se soit attiré une énorme minute d'applaudissements, alors que des dizaines de rédacteurs se dirigeaient vers les coulisses pour le féliciter. Emmenés par un François-Henri Pinault rayonnant, PDG du géant du luxe Kering. Le véhicule d'investissement de sa famille, Artemis, a acquis 100% de Courrèges en 2018.

Après la démonstration très impressionnante de Nicolas Di Felice aujourd'hui, cela semble être une très bonne affaire.


3.Paradis: poésie et patisserie




Une silhouette du printemps-été avec de la dentelle à motif colombe - 3.Paradis


Une marque qui représente tout à fait l'expression de "cool insider" est 3.Paradis: un label d'origine québécoise fondé par Emeric Tchatchoua qui fait du streetwear une élégance presque couture. Lancée en 2013 en tant que label de vêtements pour homme, cette saison a marqué sa première collection pour femme.

Mélange de streetwear japonais, de chic parisien et d'iconographie africaine, 3.Paradis a trouvé un lieu éclectique pour son défilé. Dans le café de l'avenue de l'Opéra, le café phare de Cédric Grolet, le pâtissier français superstar, connu pour peindre le chocolat à l'aérographe afin de reproduire les textures des fruits et des légumes.

Le défile fut mis en scène en "petit comité", comme les Français aiment à le dire, devant un public restreint d'à peine 40 personnes, chacun servi de petites assiettes, avec ce qui ressemblait à une tarte aux carottes et aux épinards qui était en fait une délicieuse pâtisserie.  

Soulignant l'approche poétique de Emeric Tchatchoua, pratiquement tous les looks comportaient une colombe. Soit en dentelle sur des jupes de flamenco superposées, soit en imprimé volant sur des jupes évasées, soit en voltigeant sur des trench-coats noirs ou beiges et même en macramé sur des robes d'été moulantes.

Une véritable colombe vivante a même voltigé sur la main d'un mannequin, vêtue d'une robe en dentelle à motif de colombe.

Lors d'un défilé mixte, Emeric Tchatchoua a habillé ses hommes avec des jeans et des vestes en jean en dentelle similaires, ainsi qu'avec des smokings de gagnant de tapis rouge en imprimé colombe bleu coquille d'œuf.

"Unité harmonieuse et espoir collectif, le paradis est représentatif d'un havre de paix pour discuter de toutes ces notions", a rappelé le designer dans son programme. "Notre intention a toujours été de concevoir à partir d'un lieu exploratoire, en utilisant le monde qui nous entoure comme source d'inspiration. Lorsque je regarde vers l'extérieur, les femmes sont le reflet de la vie, les femmes méritent un paradis", a ajouté Emeric Tchatchoua.


Koché: hoodies rêvant de beaux couchers de soleil




Une silhouette homme du printemps-été - Koché


Une rencontre entre la technologie et la mode chez Koché cette saison, puisque la créatrice Christelle Kocher a collaboré avec Google pour sa dernière collection.

Une rencontre entre les vêtements également, puisque les looks interagissaient entre eux, allumant des diodes luminescentes tissées dans le vêtement, tandis que homme et femme se rencontraient. L'un en sweat-shirt, l'autre en mini à plumes.

Le défilé fut mis en scène dans l'ancienne bourse de Paris, décorée par un écran géant, qui dialoguait à son tour avec les looks de ce défilé. Sur l'écran, une main invisible qui écrivait : "Les hoodies rêvent-ils de beaux couchers de soleil ?". Une réflexion qui est ensuite apparue sur un écran horizontal sur un sweat-shirt blanc avec le double logo, Koché Google.

"Un dialogue avec la science, et comment la technologie peut nous connecter. Pas une vision évidente avec des vêtements futuristes. Je ne voulais pas me connecter dans le monde virtuel, mais dans la réalité. En utilisant la technologie Google que nous avons tissée dans les vêtements et ensuite un radar qui faisait réagir les vêtements au passage des mannequins", a expliqué Kocher après le défilé.

Dans son travail du soir chez Chanel, elle aide à gérer trois départements - plumes, fleurs brodées et tissus plissés. Et dans un ultime compliment, la directrice de la création de Chanel, Virginie Viard, est venue admirer cette collection.

Elle a travaillé son défilé en mélangeant le style de la rue avec une touche urbaine à la couture, en utilisant des mélanges de cuir vegan et de denim. Tout en jouant avec le drapage pour obtenir une silhouette assez douce.


Undercover: Down Abbey dans le beau Paris




Underground


Des allusions aux maisons de campagne et aux bals des années 1920 ont résonné dans la dernière collection d'Undercover, la plus distinguée du designer Jun Takahashi à ce jour.

Mise en scène à l'intérieur de la cathédrale américaine, sur la chic avenue George V, la présentation était douce de la part d'un créateur révolutionnaire, et un changement de registre surprenant de la part de Jun Takahashi.

Des chemises de smoking avec des clous de perles portées sur des pantalons safari à plis multiples, ou un gilet de gentleman terminé par une seule épaule. Bien qu'il s'agisse d'Undercover, l'image essentielle était le tailleur déconstruit. Ainsi, les costumes pantalon citron ou gris pâle magnifiquement coupés étaient entaillés une demi-douzaine de fois, et les trous étaient garnis de gaze.

La cabine était coiffée avec des chignons mystérieusement précédés de deux petites cornes de cheveux raides. Tandis que de nombreux modèles étaient maquillés avec de fausses larmes, comme si un prétendant les avait jetées pour une jeune fille d'une meilleure famille lors d'un bal de chasse. Mélodrame dans la nef.

Avant que l'ensemble ne passe à la vitesse supérieure avec quatre robes de bal bouffantes, en mousseline de soie rouge dense, en soie métallique bleu citron ou bleu vif, ou, pour le look final, en beige déchiré avec des jonquilles en tissu attachées.

Ce n'est peut-être pas la plus grande collection de Jun Takahashi, mais elle n'en est pas moins élégante.

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