Monoprix encourage le paiement autonome et la livraison à pied

Ayant soufflé ses 85 bougies l’an dernier, Monoprix doit s’adapter aux envies de ses clients citadins et à leurs contradictions. « Notre clientèle est aujourd’hui très rationnelle dans ses choix et en même temps très émotionnelle face à certaines marques ou expériences fun, a noté Franck Poncet, le directeur commercial et technique de Monoprix, lors de l’inauguration du nouveau magasin des Champs-Elysées. C’est cette schizophrénie des urbains que l’on doit appréhender. Les modes de consommation se sont accélérés, ce qui remet le rôle du magasin en perspective ». Le groupe appartenant à Casino a pour cela défini une stratégie reposant sur deux piliers : Enjoy, qui désigne la maximisation du plaisir, et Easy, renvoyant à la minimisation des contraintes et irritants. 


L'espace caisses du magasin des Champs-Elysées - FashionNetwork

Pour éliminer l’attente en caisse, les 4 millions de clients encartés de l’enseigne ont désormais possibilité de bénéficier du service de paiement Monop’Easy sur son application. Avec son smartphone, le client scanne en rayon les produits (alimentaire, mode, déco) qu’il glisse dans son sac et paie immédiatement via mobile. Il peut ensuite sortir du magasin sans passer en caisse.

« Après un test à Paris, nous avons déployé ce service dans 500 points de vente du réseau depuis octobre », indique Franck Poncet, qui souligne que ce mode de paiement est surtout utilisé pour les petits paniers. Surpris par ce dispositif, certaines personnes se sentent, selon lui, presque mal à l’aise de partir sans que l’on contrôle leur panier et veulent prouver qu’ils ont bien payé (ce qui peut être fait par un vigile). « Pour rassurer le client, on a créé dans certains magasins un couloir spécial au niveau des caisses afin de matérialiser leur passage. »

Le réseau abrite également à ce jour 1 200 bornes de self check-out (libre-service) : 30 % des clients Monoprix les utilisent à ce jour. La caisse traditionnelle reste encore le point de paiement majoritaire du réseau. Toutefois, l’objectif de Monoprix est de réaliser un tiers de ses ventes via chaque dispositif (caissier, self check-out, appli Monop’easy) d’ici trois ans.

De plus, l’enseigne signe plus de 3 millions de livraisons à domicile par an. Et déploie des solutions de plus en plus écologiques, puisqu’elle encourage le port des paquets à pied. Aujourd’hui, 50 % des livraisons à Paris se font sans véhicule (30 % au niveau national) et en une heure. Un service confié à un sous-traitant dont les livreurs poussent un chariot adapté sur les trottoirs. « La livraison, c’est un métier, et nous sommes avant tout des commerçants, tranche Franck Poncet. En règle générale, nous faisons appel à des prestataires quand on pense que ça sera mieux fait. »

Côté e-commerce, en septembre 2018, Monoprix a aussi fait son arrivée sur Amazon Prime Now en ce qui concerne l’alimentaire (6 000 références), garantissant au client la livraison en une heure ou deux dans certains quartiers de Paris. Les prévisions fixées par Amazon ont été dépassées, mais il n’est pas prévu pour l’heure d’intensifier le partenariat ou de l'ouvrir à la mode par exemple.

L’autre chantier en cours pour le groupe est la modernisation du réseau de 700 magasins, dont 600 en France (incluant 300 Monoprix et 200 Naturalia) : une douzaine d’adresses sont rénovées chaque année et une quarantaine d’ouvertures interviennent, surtout sous enseigne Naturalia. Le nouveau flagship des Champs-Elysées, dédié à la mode, la beauté et la déco, et reprenant certains codes des grands magasins, reste plutôt singulier au sein du parc. En outre, sur le plan retail, le groupe Casino a annoncé en octobre la cession prochaine des murs de 55 Monoprix pour 565 millions d'euros. Une cession d’actifs destinée à réduire sa dette.

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