Les visions contrastées d'Iris van Herpen et de Romance Was Born

Lundi 2 juillet, la saison Haute Couture parisienne nous a offert deux moments de mode radicalement différents : la vision organique et high-tech de la Néerlandaise Iris van Herpen et le maximalisme décalé du label australien Romance Was Born. Point commun : leur détermination inébranlable à donner vie à une vision ultra-contrastée et à la montrer à Paris, devant le public réputé le plus difficile du monde.


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Iris van Herpen - Automne-hiver 2018 - Haute Couture - Paris - © PixelFormula
 
Iris van Herpen a ouvert le bal avec ses oiseaux de paradis high-tech, ses formes entomologiques et sensuelles, ses sublimes robes à volants transparentes qui semblaient avoir été tissées par la déesse grecque Pénélope plutôt que cousues à la main. Au programme : des mélanges merveilleux de plumages techniques et de membranes, avec pour apogée une tenue de paon en pleine parade qui a provoqué une exclamation de surprise parmi le public, réuni dans un ancien théâtre de Clichy.

La collection était baptisée Syntopia, rencontre entre biologie et technologie - idée illustrée par la plupart des tenues de ce défilé vraiment remarquable, mis en scène sur une aile en verre de quinze mètres qui s'envolait au-dessus du public.

La créatrice néerlandaise s'est associée avec les artistes Lonneke Gordijn et Ralph Nauta, transformant leurs sculptures immersives en mode portable et spectaculaire. Résultat : des vêtements à couches superposées, comme les plumes d'un oiseau. Robes en couches d'organza transparent et laines peintes développent un nouveau vocabulaire de mode. 
 
Quatre heures plus tard, la maison australienne la plus créative de ce siècle, Romance Was Born, a fait ses débuts à Paris sur le terrain de basketball d'un campus universitaire. La collection, titrée Step Into Paradise (laissez-passer pour le paradis) était qualifiée de « plus ou moins » couture par le label basé à Sydney.


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Romance was born - Automne-hiver 2018 - Haute Couture - Paris - © PixelFormula

Les pièces réalisées à la main faisaient référence à l'histoire australienne, ses clubs de plage, ses danseuses et sa culture aborigène, sans oublier des images luxuriantes de faune et de flore.

Jenny Kee, artiste et designer italo-chinoise née à Bondi, une maxi-maximaliste s'il en est, a beaucoup influencé la collection, comme en témoignent les slogans graphiques, les références à Bondi, les pampilles à franges perlées, les cacatoès brodés... Chaque mannequin portait un plumage multicolore sur la tête, comme un aigle chargé de bijoux qui ne revient jamais à son perchoir. « Une parade glamour de nymphes puissantes et de farfadets », prédisait à juste titre le programme distribué aux invités.
 
L'emblème favori du Magicien d'Oz, la fleur du telopea, apparaissait sur des manteaux déformés, d'énormes pulls en mohair colorés aux teintes de fleurs tropicales et des capes dignes d'une impératrice aztèque ou australienne.

Depuis la fondation de la marque, Romance Was Born développe une vision pleine de fantaisie de l'Australie, en lui inventant un passé épique et baroque. Ce défilé était un exemple parfait du pouvoir de l'esprit humain à faire apparaître toute une iconographie touchant au mythe, autour d'un pays pourtant « jeune ».

« Tout le monde nous a dit que quand on vient à Paris, il ne faut pas essayer de tout faire à la française, mais rester fidèle à ce qu'on est », confie Luke Sales, fondateur et associé, avec Anna Plunkett, du label australien. Pari réussi, et avec la manière.

Traduit par Paul Kaplan

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