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Les soldes d'été, un rebond ou une fin de règne ?

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17 juil. 2019

Paris, 17 juillet 2019 (AFP) - Trois semaines après leur démarrage, les soldes d'été, favorisés notamment par une météo de saison, semblent bien partis, même si une consommation encore « molle » leur donne un air de « fin de règne », avant leur raccourcissement l'an prochain.


Les soldes à Paris - AFP


Pour Yohann Petiot, directeur général de l'Alliance du commerce, qui représente 26 000 magasins dans le secteur de l'équipement de la personne, « ce qui remonte depuis trois semaines, c'est que ces soldes sont plutôt bons ».

« On a eu un démarrage assez faible, dans la poursuite des ventes privées, mais ça a repris le week-end suivant avec la deuxième démarque et on sent que ça s'est poursuivi », précise-t-il à l'AFP. Une tendance que confirme la Fédération du commerce spécialisé Procos, qui représente 260 enseignes. « La première période des soldes (26 juin au 14 juillet) a connu une activité assez soutenue pour plusieurs secteurs, notamment l'équipement de la maison et le sport (+8 %) », tandis que « l'habillement connaît également à ce jour une légère croissance par rapport à 2018 (+1,7 %) », souligne-t-elle dans un communiqué.

Sur cette période, « on est sur une croissance en moyenne de 2,8 % du chiffre d'affaires », précise Emmanuel Le Roch, son délégué général, à l'AFP, en nuançant toutefois car le cru 2018 avait été « compliqué », d'où un effet de comparaison favorable.

Selon Yohann Petiot, les commerçants ont pratiqué « de vrais petits prix », dont les clients sont « friands » et « ça a bien marché, même si les taux de démarque sont similaires aux autres années ».

Contrairement à l'an dernier, « la météo a été favorable », souligne-t-il, notamment au profit des centres commerciaux, qui ont bénéficié d'un « effet clim' » à la faveur de la canicule de fin juin, spécifiquement auprès des populations « seniors" qui y sont plus sensibles.

Ces fortes températures ont également profité aux vendeurs de climatiseurs, ventilateurs, congélateurs ou réfrigérateurs. Ainsi, chez Boulanger, on précise à l'AFP avoir observé « une augmentation de 10 % du trafic en magasin depuis le début des soldes par rapport à l'année dernière », de même que sur le site internet (+17 %).

Enfin, alors que l'an dernier les Français avaient négligé les soldes en raison du Mondial de football, remporté par l'équipe de France masculine, cette année, les Bleues, en terminant « beaucoup plus tôt » leur parcours, en quart de finale, ont "mobilisé moins de monde », selon Yohann Petiot. Maintenant, « est-ce que cette dynamique va se poursuivre sur la deuxième partie des soldes, avec le gros des départs, ou se décaler sur les lieux de vacances ? C'est à voir », s'interroge-t-il.

Frein sur le réapprovisionnement

Pour Yves Marin, expert distribution au sein du cabinet Bartle, on est plutôt sur des « soldes de fin de règne » : ce sont les derniers d'une durée de six semaines, avant leur passage à quatre l'hiver prochain, ce qui se traduit par une consommation « un peu molle ».

La nouveauté cette année, selon lui, c'est l'extension de l'Amazon Prime Day, une opération promotionnelle du géant américain de la vente en ligne, de un à deux jours, qui a eu tendance à phagocyter les achats de produits high tech lundi et mardi sur cette plateforme, au détriment de Fnac Darty ou Cdiscount, même si ces distributeurs ont lancé des opérations similaires.

Les Français ayant apparemment pris le pli de la « déconsommation" à la suite des « gilets jaunes », qui les ont détournés de la traditionnelle virée shopping du samedi, « les grosses pièces ont du mal à partir », souligne aussi Yves Marin auprès de l'AFP, ajoutant que les commerçants, ayant anticipé ce mouvement, avaient adapté leurs stocks ces derniers mois, « levant le pied sur leur réapprovisionnement ».

De plus, ajoute l'expert, la tendance n'est pas à la fête en terme de moral des ménages, et donc moins aux achats d'impulsion comme les soldes peuvent en générer. Cette baisse de confiance, Emmanuel  Le Roch la confirme : même si le gouvernement a donné des coups de pouce au pouvoir d'achat, « les bénéfices ne devraient se voir qu'en 2020 ».

Par Laure Brumont

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