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25 août 2021
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Le "greentrolling" ou ces militants écolo qui interpellent les grandes entreprises sur les réseaux sociaux

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AFP-Relaxnews
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25 août 2021

"Troller"… mais pour la bonne cause. C'est le but du "greentrolling", soit le fait d'interpeller les grandes marques et entreprises championnes du greenwashing sur les réseaux sociaux. Un acte militant qui vise à éclairer les consommateurs et qui fait de plus en plus parler de lui aux États-Unis.  


DR


Toute personne familière des réseaux sociaux connaît forcément le phénomène du trolling, qui consiste à cibler le profil d'un individu ou d'une entreprise pour l'inonder de messages plus ou moins provocateurs. Si cette pratique est parfois assimilée à du cyberharcèlement, le "greentrolling" vous fera peut-être voir ces mystérieux "trolls" d'un autre œil.

Le principe? Apostropher les grandes marques et entreprises les plus polluantes sur les réseaux sociaux lorsque ces dernières nous servent des campagnes marketing qui sentent le greenwashing à plein nez. Ces militants se donnent pour mission d'éclairer le consommateur et lui apprendre à ne pas nous se laisser séduire par des stratégies marketing (parfois bien huilées) de "verdissement" orchestrées par les entreprises. 

Selon un article paru dans le Washington Post, le terme "greentrolling" aurait été inventé par l'Américaine Mary Annaïse Heglar, créatrice du podcast et de la newsletter Hot Take. En 2019, la journaliste a réagi à une publication sur Twitter de la marque Bristih Petroleum, qui invitait les internautes à calculer leur empreinte carbone en ligne. "Bitch, what's yours ???", a répondu Mary Annaïse Heglar sur le même réseau social.

Autre exemple marquant de greentrolling: début novembre 2020, l'entreprise Shell a publié un sondage Twitter, consistant à demander à ses abonnés quels leviers d'action ils étaient prêts à mettre en place pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (investir dans les énergies renouvelables, acheter une voiture électrique, arrêter de prendre l'avion etc).

Ni une ni deux, la députée américaine Alexandria Ocasio-Cortez a commenté le post en s'adressant directement à l'entreprise: "Je suis prête à vous demander des comptes pour avoir menti sur le changement climatique pendant trente ans, alors que vous saviez secrètement depuis le début que les émissions de combustibles fossiles allaient détruire notre planète". 

Un message aussi limpide que cinglant, qui n'a pas manqué de susciter des réactions de la part des internautes. "Nous en avons tellement assez de votre greenwashing que les gens commencent à se réveiller", a par exemple tweeté l'un d'entre eux en taguant le géant pétrolier néerlandais.

"J'adore la façon dont ils nous mettent ça sur le dos, alors que 100 entreprises (Shell incluses) sont responsables de 71% de toutes les émissions de gaz à effet de serre. Ils ont encaissé les chèques, mais nous devons tous nous serrer la ceinture. Cool story", renchérit un autre utilisateur, en postant un lien vers un article du Guardian pour illustrer son propos.

Et en France? 



Exactement à la même période (novembre 2020), de l'autre côté de l'Atlantique, l'e-boutique française écoresponsable Dream Act lançait une vaste campagne sur Instagram. L'objectif est sensiblement le même que celui des "green trolls" aux États-Unis : dénoncer les marques qui ne lésinent pas sur le greenwashing.

L'idée consistait, un peu à la manière d'un calendrier de l'avent, de diffuser 12 posts sur Instagram jusqu'à fin décembre. Chacun d'entre eux s'appliquait à dénoncer une pratique de greenwashing régulièrement utilisée par les marques. 

Également en 2020, la marque de prêt à porter We Dress Fair publiait des spots publicitaires pour "un bonnet en coton-pesticides" ou "un combi-short produit dans des conditions inhumaines pour un salaire dérisoire".

Des images et slogans chocs qui ont inspiré d'autres internautes, à l'instar de Thomas Thibaut, co-fondateur du Collectif Bam, qui a publié des spots similaires sur son compte Twitter, cette fois en s'attaquant à l'industrie alimentaire.


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