Croisière : Louis Vuitton fait rugir ses réacteurs à l'aéroport JFK

Quelque chose de sombre et puissant s'est posé mercredi dans le terminal désaffecté TWA Flight Center de l'aéroport John F. Kennedy à New York pendant le défilé de la collection Croisière de Louis Vuitton.


Collection Croisière 2020 - Louis Vuitton

Le bâtiment du TWA Flight Center, courbé et immaculé comme un gigantesque oiseau, a été dessiné par l'architecte Eero Saarinen en 1962, à l'apogée des Trente Glorieuses. Pour le défilé, l'intérieur était envahi par une jungle de plantes vertes, parsemée de fleurs. Les arches modernistes du bâtiment transpiraient un exotisme dépaysant et la collection Croisière de Louis Vuitton mettait l'accent sur un certain esprit transatlantique du meilleur effet.

Après le grondement des moteurs d'un avion au décollage, les haut-parleurs du spectacle ont martelé le titre « Liberi Fatali » de Nobuo Uematsu (la musique originale du jeu vidéo « Final Fantasy VIII ») pendant que les premiers mannequins remontaient la piste.

Les yeux dessinés à l'eyeliner et les joues ultra-fardées, les cheveux rangés en vagues délicates ou montés en rouleaux effet Rachael dans Blade Runner, les mannequins exhalaient une féminité impitoyable qui correspondait parfaitement à la collection elle-même : des vestes en soie colorée, embossées de silhouettes de bâtiments vintage, une tenue en cuir verni noir, idéale pour une dominatrice sado-maso, des capes géométriques qui ressemblaient à des ailes, le tout orné de sequins et de rayures très graphiques.


Collection Croisière 2020 - Louis Vuitton

Les accessoires n'étaient pas en reste : des bottes militaires à bout doré, des lunettes de soleil pointues et des casquettes d'aviateur noir de jais pour un effet saisissant de sophistication qui traversait tout le défilé. Enfin, la marque a dévoilé une nouvelle série de sacs, certains en forme du toit en acier du Chrysler Building, d'autres équipés d'écrans souples, « base de réflexion de la toile du futur et des accessoires connectés », explique la griffe.

Et si les mannequins ont atteint rapidement leur altitude de croisière, le premier rang des invités ne manquait pas de panache non plus : Julianne Moore, Cate Blanchett, Willow Smith, Carine Roitfeld et Emma Stone avaient l'air d'adorer la collection.

Nicolas Ghesquière, directeur créatif de Louis Vuitton, n'a pas choisi l'emplacement de son défilé par hasard : le terminal s'apprête à rouvrir ses portes à la fin du mois, sous la forme d'un immense hôtel, le TWA Hotel, grâce aux efforts de Tyler Morse.

« J'ai eu la chance d'atterrir au TWA Flight Center à la fin des années 1990 », raconte Nicolas Ghesquière dans un communiqué de presse. « C'est quelque chose que je n'oublierai jamais. Cet endroit est resté endormi pendant vingt ans. Aujourd'hui, il revient à la vie... Ce défilé permet de redécouvrir un endroit peu commun, qui fait pourtant partie du patrimoine américain. »

Fleuron de l'écurie LVMH, aux côtés d'autres marques de luxe comme Dior et Celine, Louis Vuitton a connu une forte croissance de ses ventes au premier trimestre. En avril, le groupe LVMH a annoncé que son chiffre d'affaires avait progressé de 16 %, pour atteindre 12,5 milliards d'euros, grâce notamment au succès rencontré sur le marché chinois. Le groupe avait alors annoncé son intention d'attirer de nouveaux clients en dehors de ses magasins réguliers, en ouvrant une centaine de magasins éphémères en 2019.

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