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Clémentine Martin
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29 sept. 2022
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Boohoo voit ses ventes et ses bénéfices se contracter

Traduit par
Clémentine Martin
Publié le
29 sept. 2022

Les résultats intermédiaires de Boohoo étaient attendus de pied ferme par les professionnels du secteur. Publiés mercredi, ils montrent que l’entreprise vend toujours d’énormes quantités de produits et reste rentable, mais son heure de gloire semble passée. Elle a d’ailleurs publié un avertissement sur bénéfices.


Boohoo


Au cours des six mois terminés le 31 août dernier, la marque britannique a vu ses revenus chuter de 10% d’une année sur l’autre, à 882,4 millions de livres (982,05 millions d’euros). Ce chiffre est en revanche supérieur de 50% au chiffre d’affaires du premier semestre de 2019, affirme ce groupe propriétaire de PrettyLittleThing, Karen Millen et Debenhams.

Avec 35,5 millions de livres (39,51 millions d’euros), l’EBITDA ajusté perd 58% par rapport à l’année passée et 42% par rapport à 2019. Le bénéfice ajusté avant impôts subit pour sa part une chute vertigineuse: -90% par rapport au premier semestre 2021 et -88% par rapport à la même période en 2019, avec 6,2 millions de livres (6,9 millions d’euros).

À 52,5%, la marge brute s’effondre de 210 points de base “en raison de l’inflation que subit le transport“. Par rapport au deuxième semestre 2021, en revanche, la marge brute est en augmentation de 210 points de base grâce à une gestion plus tendue des stocks.

Boohoo conserve “suffisamment de liquidités pour mener à bien [son] programme d’investissements sélectifs, avec une trésorerie brute de 315 millions de livres (350,57 millions d’euros) à la fin de la période“.

L’entreprise souligne que le revenu brut avant retours est en hausse de 4%, ce qui reflète “une tendance sous-jacente de croissance et une augmentation continue de la fréquence des commandes et du panier moyen“, qui n’auront cependant pas suffi à compenser “la demande client plus faible que prévu“.

Les taux de retour ont largement augmenté d’une année sur l’autre et sont bien supérieurs à ceux d’avant la pandémie.

Le Royaume-Uni reste le principal marché du groupe et génère 62% de ses revenus, contre 58% au premier semestre 2021. Toutefois, la cause semble être à chercher du côté d’une baisse des ventes à l’étranger et non d’une augmentation des revenus en Grande-Bretagne. En fait, les ventes sur le territoire national de l’entreprise sont même en déclin de 4%, en raison de l’accroissement de la pression inflationniste et d’une demande atone du côté des clients.

Si tous les clients conservaient leurs articles achetés, les ventes semestrielles seraient en hausse de 12% d’une année sur l’autre, mais le taux de retours a énormément augmenté. Pourtant, Boohoo ajoute : “Les performances de nos marques acquises récemment sont encourageantes, tout comme les progrès continus réalisés par notre grand magasin en ligne Debenhams. Nous avons gagné beaucoup de parts de marché au cours des trois dernières années.“

À l’étranger, les revenus plongent de 17%. L’entreprise accuse “l’impact des délais de livraison rallongés.“

Aux États-Unis, les performances déçoivent également avec des revenus en baisse de 29%. Sur trois ans, cependant, la croissance est forte avec +60%. Les délais de livraison dans le pays sont encore problématiques aujourd’hui, “même si la situation s’améliore petit à petit.“

La marge brute, elle, s’y situe à 60,2%, un résultat honorable mais en baisse par rapport aux 61,5% de la même période il y a un an.

En Europe hors Royaume-Uni, les revenus sont en baisse de 2% sur le semestre, mais le groupe a retrouvé la croissance au deuxième trimestre avec +5%. Chez ses marques en vente directe, la tendance est à la hausse, et la vente en gros génère même des bénéfices. Il y a trois ans, avant la pandémie, la croissance dans cette région était de 17%, “largement supérieure à celle du reste du marché“.

Dans le reste du monde, heureusement, les performances sont bien meilleures avec une croissance de 14% alimentée par le succès de la vente en gros au Moyen-Orient. En Australie, des améliorations commencent aussi à se faire sentir.

Le défi à court terme du groupe consiste maintenant à améliorer sa rentabilité, en hausse significative au premier semestre, en mettant en place des mesures comme la relocalisation de la production. Des progrès ont déjà été accomplis dans ce sens, et les niveaux de stock sont en nette baisse, avec 15% d’unités en moins dans l’inventaire fin août que fin février.

Pour le moment, l’inflation joue plutôt en faveur du groupe, qui assure pourtant “surveiller attentivement l’augmentation des coûts“.

Un prochain centre logistique aux États-Unis



L’automatisation de son centre de distribution de Sheffield vient juste d’être terminée et va permettre d’effectuer “des économies de coûts matériels en améliorant l’efficacité“. Un premier centre logistique devrait voir le jour aux États-Unis au premier semestre 2023/2024, “afin de réduire les délais de livraison à l’étranger“.

D’autres progrès ont aussi été apportés à la marketplace en ligne Debenhams. Un entrepôt douanier a été mis en fonctionnement en juillet et devrait répercuter des économies de droits de douane dès le deuxième semestre. Un portail de vente en gros a aussi été lancé, afin de donner “plus de choix et de souplesse aux partenaires et d’améliorer l’efficacité opérationnelle à long terme“.

Alors, à quoi faut-il s’attendre pour la période à venir ? L’entreprise s’attend à ce que les baisses de revenus constatées “se poursuivent durant le reste de l’année financière“ si les conditions actuelles se maintiennent. Les marges d’EBITDA ajusté devraient être comprises entre 3 et 5% et non entre 4 et 7% comme annoncé auparavant.

Les économistes préoccupés par la concurrence de Shein



Mais malgré les inquiétudes des économistes, préoccupés par la concurrence intense de son rival chinois Shein, Boohoo assure que son “positionnement concurrentiel à long terme et [sa] capacité à prendre des parts de marché“ restent inchangés.

John Lyttle, le PDG, déclare: “Toutes les marques de notre groupe ont gagné d’importantes parts de marché, notamment au Royaume-Uni où nos prix, nos produits et notre offre sont très appréciés des consommateurs. Nous avons une stratégie claire pour améliorer la rentabilité future et les performances financières, ce qui va nous placer en position de force dès que les bouleversements macro-économiques cesseront de se faire ressentir. Nous avons toujours confiance en nos possibilités à long terme.“

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