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26 sept. 2020
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A Milan, la joie de vivre de Versace, Moschino et Philosophy

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26 sept. 2020

Qu’ils aient défilé pour de vrai ou dans un théâtre de marionnettes virtuel, à huis clos ou devant un public, les couturiers milanais ont voulu célébré, samedi, un retour à une certaine normalité avec des collections printemps-été 2021 pimpantes, exprimant la joie de vivre.


Retour à une vie saine pour Philosophy by Lorenzo Serafini - PixelFormula


Pour Philosophy, marque du groupe Aeffe, Lorenzo Serafini signe une collection fraîche, vivifiante et pétillante. Il a imaginé un déjeuner sur l’herbe choisissant pour son show le magnifique jardin de la Casa degli Atellani, édifiée au Quattrocento juste en face de l’église Santa Maria delle Grazie et de la Cène de Léonard de Vinci, où ce dernier disposait d’une quinzaine de pieds de vigne, dont certains sont encore visibles.

Les spectateurs sont installés sur des fauteuils en osier disséminés sur la grande pelouse entre les fontaines et les massifs de fleurs. Chaussées de bottes en caoutchouc tachées de peinture, les mannequins descendent le grand escalier au pied du palais pour traverser le parc d’un pas désinvolte dans leur tenue de peintre du dimanche. La tête protégée par un chapeau cloche, qui leur cache les yeux, leur petit sac à pique-nique dans la main, elles portent pour certaines de longs gants en caoutchouc coloré.

Pantalons de toile, tricot, gilet boutonné, chemisier… Les premiers looks sont blancs, comme la toile sur laquelle l’artiste va peu à peu déposer ses couleurs. Inspiré par les peintres impressionnistes, pour ce retour aux podiums, le styliste a voulu "célébrer la créativité", entrechoquant époques et styles, entre aujourd’hui et esprit Second Empire. "Pour moi, défiler est une obligation morale. L’envie était d’en finir avec cette période obscure et de revenir à ces petits plaisirs simples de la vie, comme profiter d’une belle journée à la campagne", nous explique-t-il.

Les larges gilets boutonnés à rayures s’ouvrent sur des chemises aux manches bouffantes et au col corolle. Les carreaux Vichy s’emparent de shorts, jupes vaporeuses et robes à volants. Des corsets lacés sur le devant ou dans le dos enserrent blouses et robes, dont les manches tombent des épaules. Certaines tenues blanches peintes à la main sont tachetées dans un style pointilliste, tandis que des jeans, pantalons et bermudas sont striés à coups de pinceaux dégoulinants.


Le vêtement désossé selon Jeremy Scott - Moschino


La période a également fait réfléchir Jeremy Scott, qui a préféré une autre stratégie pour montrer la nouvelle collection de Moschino. Jouant comme d’habitude sur son humour mordant, le styliste a conçu un défilé miniature par le biais de marionnettes actionnées par des fils, vêtues de micro-robes de poupée. Son clin d’œil, pour nous dire que "pour recommencer, il faut commencer petit".

Le film, diffusé samedi, a recrée pour l’occasion un défilé réel avec cette savoureuse touche rétro rappelant les toutes premières présentations des collections couture. On y voit ainsi déambuler des mannequins Barbie dans un ancien salon parisien avec ses stucs dorés, en la présence d’une poignée de journalistes (parmi lesquels Anna Wintour et d’autres stars de la presse mode).

A première vue, les tenues glamour et précieuses semblent sorties tout droit des années 1950 avec leur forme cintrée à la taille et évasée sur les jambes, leurs étoffes précieuses (soie, satin, brocard, etc.) et les gros nœuds. Sans oublier la palette allant de l’or pâle, aux bleus princesse, en passant par le rose poudré et le vert sauge.

Mais à y regarder de plus près, on découvre que tous les vêtements sont construits à l’envers dévoilant la structure interne de l’habit, comme pour revenir à la base de la couture. Les robes laissent voir toute la structure du vêtement, affichant la corseterie, les coutures et galons internes, y compris les poches rabattues sur le flanc ou encore le jupon en tulle.


Le monde marin de la griffe - Versace


C’est sur un tout autre registre, que Versace a joué. La maison, qui avait programmé un vrai défilé, vendredi soir, a finalement opté pour un format à huis clos accueillant à la place de son public habituel ses employés. C’est dans un décor de cité antique engloutie au fond des océans que la la griffe a fait défiler ses mannequins sirènes et hommes.

Loin des teintes sombres des profondeurs marines, la directrice artistique Donatella Versace a fait surgir des ruines de son Atlantide, rebaptisée Versacepolis, des silhouettes aux couleurs vives et joyeuses, tout en paillettes et imprimés marins avec des étoiles de mer scintillantes parsemées sur tous les vêtements. Pour l'occasion a été réédité le motif "Trésor de la mer" créé dans les années 1990 par Gianno Versace.

En rayures multicolores ou blocs de couleurs vibrantes avec la veste rose shocking, le tricot rouge et le pantalon bleu, ou encore le trio jaune, vert, orange, les hommes portent le costume ou des tenues plus décontractées. Même palette pour les femmes, en micro-robes, top-cropped et jupe pagne, robes à traîne et à volants ou mini-shorts.

Une collection joyeuse et inclusive, à laquelle ont participé aussi les trois égéries grande taille Alva Claire, Precious Lee et Jill Kortleve.

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