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1 juin 2021
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A l'IFM, la RSE devient un sujet majeur avec le Certificat développement durable

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1 juin 2021

Le fruit de six mois de travail et de réflexions: ce lundi l'Institut français de la mode (IFM) accueillait les présentations des travaux de sa première promotion de 35 étudiants qui ont suivi son tout récent Certificat de développement durable. Au total, ces groupes de travail, mêlant des étudiants de différents niveaux et spécialisations de l'école de mode parisienne, de niveau Bac+3, Master ou Executive MBA, en management de la mode ou en création, ont présenté 16 projets. L'ambition affichée du programme qui s'inscrit dans la chaire développement durable IFM-Kering: "fournir aux étudiants les connaissances et les compétences nécessaires pour faire progresser les objectifs et les pratiques de durabilité dans l'industrie de la mode et du luxe".


Ce lundi, les étudiants de l'IFM ont présenté les 16 projets dans les locaux de l'école à Paris - FNW



"Nous avions une centaine de candidats pour cette première promotion, explique Andrée-Anne Lemieux, professeur à l'IFM et directrice de la chaire Sustainability IFM-Kering. Nous avons retenu la maturité et le projet professionnel. Ce qui était intéressant c'était d'avoir des étudiants de différents cursus. Cela leur permet de travailler ensemble et de préparer un  projet en anglais, dans une langue qui n'est pas forcément leur langue maternelle. Concrètement les questions RSE font partie de toutes les formations de l'IFM, mais le programme était un module spécifique de 60 heures. Chaque groupe a pu apporter son propre projet ou saisir une problématique apporté par une entreprise partenaire".

Au final, les projets concernent par exemple le sujet de la provenance des matériaux, de leur recyclage ou de l'optimisation de leur utilisation.  Ainsi, le projet Regenerative exploite la fibre de lin pour développer un tee-shirt avec du lin en version molleton. Le projet Infinite Runner, développé avec la marque française Circle, visait à concevoir une paire de chaussures dans une approche de production circulaire et produite en Europe. La marque Chiengora exploite, notamment, un matériau original: les poils de chien collectés chez toiletteurs. Une fibre qui est présentée, une fois lavée, séchée, cardée et filée, comme l'une des plus chaudes au monde. Un trio a aussi imaginé un nouvel emballage durable pour les produits Boucheron: un volet notoirement important avec le développement de la vente à distance et le renchérissement des matériaux. Enfin, alors que la pratique du fait à la maison à exploser avec les confinements, le projet Raglan propose aux consommateurs d'acheter des patrons, couplés de tutoriels, plutôt que des vêtements finis. Une approche qui doit permettre notamment d'adapter les futurs vêtements à toutes les morphologies.

Des présentations qui ont été questionnées par un jury d'experts du secteur constitué de Xavier Romatet, directeur général de l’IFM, Sylvie Ebel, DGA de l’IFM, Pascal Morand, président exécutif de la Fédération de la Haute Couture et de la Mode, Riccardo Bellini, PDG de Chloé, Nicolas Houzé, directeur général des Galeries Lafayette, Andrew Morley, PDG de la Fondation Ellen McArthur et de Marie-Claire Daveu, directrice du développement durable et des relations institutionnelles internationales de Kering.

"En étant partenaires de la chaire, je connaissais un certain nombre des projets, notamment parce qu'avec Kering, nous avons un focus sur la circularité, explique Marie-Claire Daveu. J'ai apprécié la démarche globale et surtout pragmatique des présentations. Ces étudiants veulent être des acteurs du changement, mais ils ne sont pas dans l'utopie. Ils ont une vision concrète et opérationnelle, qui s'appuie sur des métriques".

Des projets qui concerne le produit, bien sûr, comme le trench @mela-Vélo élégant et adapté à la pratique du vélo et qui vise à favoriser ce moyen de locomotion, ou la brassière post-chirurgie développée avec Circle pour les femmes qui ont subi une tumorectomie ou une mastectomie. Mais les présentations ont aussi fortement résonner sur le plan social. Par exemple, des étudiantes ont, avec Espero/Fil d'Avenir, formé un groupe de neuf réfugiés afghans aux techniques artisanales du crochet et du reprisage. L'association Espero, qui travaille sur l'intégration de réfugiés en France, a aussi pu s'appuyer sur une étudiante de l'IFM pour développer un e-shop où sont vendues les créations de vêtements réinterprétés. Avec l'association Renaissance, les étudiants qui ont participé au projet Détox ton stock proposent aux marques d'exploiter les invendus en développant l'up-cycling. Des projets qui sollicitent une main d'œuvre locale. Des étudiants ont même créé l'association Reprise.

Dernier axe abordé par les étudiants de l'IFM, l'analyse et la transmission de l'information. Le projet Federating sustainable practices vise à mettre sur pied des plans d'action RSE adaptés aux enjeux de chaque marque. Un duo d'étudiantes en master Fashion & Luxury management propose un projet de formation en ligne de 10 semaines abordant les points essentiels pour la compréhension des enjeux sociétaux, environnementaux et économiques. Et un quatuor a participé au salon Change Now, qui porte sur les grandes transformations de la société, afin d'en compiler les éclairages. Le projet GM Cotton Effects on Biodiversity tend également a apporter des informations clés sur les impacts positifs et négatifs du coton génétiquement modifié. Enfin, et parce que pour vendre une mode responsable il faut savoir ce qu'attendent les consommateurs, l'étude What consumer want tente de saisir des éléments de réponses, en particulier via l'analyse de 300 entretiens individuels.

"En tant que dirigeant, nous avons toujours en tête les impératifs de mise à l'échelle des projets et de leur approche opérationnelle, estime Riccardo Bellini, PDG de Chloé. Mais les étudiants ont une vision plus pure de ces enjeux. Mais, avec l'encadrement de l'IFM, je vois qu'ils tentent d'apporter une vision à 360° des enjeux. A présent, il est question de regarder les résultats économiques, mais aussi sociaux et environnementaux de nos modèles".

Les premiers récipiendaires de ce certificat développement durable de l'IFM, amenés à devenir de futurs responsables RSE des entreprises du secteur, sont convaincus de l'urgence de cette triple lecture.




 

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