Nanushka travaille sur sa première collection masculine

En route vers l'homme. Nanushka s'apprête à passer une nouvelle étape en élargissant son champ d'activité. C’est à la sortie de ses études au London Fashion College que Sandra Sandor lance Nanushka. De retour à Budapest en 2005, elle crée sa marque, qu’elle décrit comme l’intersection des influences de l’Est et de l’Ouest, à l’image de la situation géographique de son pays d’origine. Avec une mère elle-même dans le textile, elle bénéficie d’un réseau, d’appuis et de conseils lui permettant de développer sa griffe de prêt-à-porter féminin haut de gamme. Près de quinze ans après ses premiers pas dans l’univers de création, la jeune femme travaille activement au développement d’une première collection pour homme.
 
La collection pre-fall 2018 de Nanushka - Nanushka

Une nouvelle étape importante pour la marque qui, selon Sandra Sandor, connaît un souffle nouveau depuis presque deux ans. « Pendant les premières années, Nanushka était uniquement une marque réputée localement, en Hongrie. La griffe a connu deux levées de fonds, une première en 2012, d’un investisseur qui s’est depuis retiré, et une seconde en 2016, d’un fonds d’investissement hongrois. En parallèle, mon fiancé et associé, Peter Baldaszti, a rejoint la marque à cette période et a impulsé une énergie de start-up ainsi qu’une stratégie qui ont permis à Nanushka de se développer », raconte la créatrice. Quelques mois plus tard, Net-A-Porter.com achète la collection Resort 2018 et fait gagner à la marque en notoriété.
 
« Une fois que nous avons eu Net-A-Porter.com, les magasins multimarques nous ont suivi avec encore plus d’attention. Aujourd’hui, nous avons 180 détaillants dans le monde et le wholesale représente 65 % de notre chiffre d’affaires. Ce qui ne nous empêche pas de vouloir développer encore plus les ventes directes, via notre site Internet notamment », explique Domi Szabo, le directeur des ventes de la griffe.
 
Résultat : le chiffre d’affaires a décuplé entre 2016 et 2017, atteignant 3,1 millions de dollars. Pour 2018, Sandra Sandor vise les 8 millions. Entre ses quatre collections par an, qui comptent au minimum 120 références, l’extension de plus en plus importante de sa ligne d’accessoires et le soutien sans faille des influenceuses, Nanushka a plusieurs leviers d’action. La griffe, qui a fait sa première présentation officielle pendant la Fashion Week new-yorkaise automne-hiver 2019, a une stratégie digitale bien rodée. « Nous ne payons aucun influenceur et nous ne relayons pas les photos de blogueurs qui portent nos vêtements si elles ne correspondent pas à notre image de marque. En revanche, si un micro-influenceur fait un post qui matche avec notre ligne éditoriale, nous le regrammons sur nos réseaux », détaille Sandra Sandor. De quoi fédérer une communauté de fidèles autour de Nanushka.
 
Sandra Sandor, la créatrice de Nanushka - Nanushka

L’un de ses best-sellers ? La doudoune en cuir « vegan » nommée Hide, qui n’a de cesse de remporter l’adhésion des filles en vue, de la journaliste Monica Ainley à la créatrice Mari Giudicelli. Après la veste, Sanra Sandor a lancé le pantalon, qui passe à la machine, et le blouson embossé façon croco. A partir de la collection Resort 2019, la griffe proposera ses modèles de sacs, bananes et de chaussures en cuir vegan également. Et voudrait d’ici 2020 n’utiliser que des matières écoresponsables. « Nous avons signé en mai dernier un accord avec la fondation Ellen MacArthur dans le cadre du programme nommé "Make Fashion Circular" (il a pour partenaires principaux Burberry, Nike, H&M, Stella McCartney, HSBC et Gap Inc., et compte 20 participants, dont Inditex, Primark, Kering et C&A, ndlr.) », relate Sandra Sandor. Réflexions sur les matières à utiliser, les business models à développer, les moyens de recycler les vêtements abîmés sont autant de points discutés par les différents acteurs de cette initiative. Nanushka vient tout juste de participer à son premier workshop au Royaume-Uni, où est basée la fondation.
 
L’Angleterre constitue d’ailleurs un marché important pour Nanushka. A l’export, il se place en deuxième derrière les Etats-Unis. C’est à Londres que la griffe, dont le siège social est à Budapest, vient d’ouvrir un bureau pour le designer de la ligne accessoires et son directeur de la communication, qui vivent tous deux dans la capitale britannique. C’est aussi à Londres que la marque, qui dispose d’un magasin/café à Budapest depuis février et d’un pop-up store installé jusqu’à fin juillet à Los Angeles, inaugurera un espace éphémère en octobre au sein du grand magasin Liberty.

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