Mulberry : une belle poussée internationale et une entité coréenne

Mulberry a fait plusieurs annonces ce mercredi. La marque britannique de maroquinerie et de mode ne s’est pas contentée d’annoncer ses résultats pour l’année entière : elle a aussi révélé la création d’une nouvelle structure en Corée du Sud.


Mulberry

Du côté des résultats, les bénéfices comparables avant impôts sont en hausse, mais les ventes stagnantes n’ont pas beaucoup remonté et l’action est affaiblie.

Les ventes comparables pour le retail sont en baisse de 7 % sur les 10 semaines jusqu’au 2 juin, en hausse de 1 % à l’international, mais largement à la traîne au Royaume-Uni avec -9 % « en raison d’une baisse de la fréquentation et du tourisme, comme cela a par ailleurs été constaté ».

Cette mauvaise passe au Royaume-Uni aurait pu être anticipée pour plusieurs raisons. Le marché britannique est actuellement en difficulté car les consommateurs locaux restent prudents en raison d’une économie incertaine. Mais les ventes aux touristes sont aussi impactées. Le tourisme est encore aujourd’hui un vecteur important pour le luxe britannique, mais compenser la baisse de la livre due au vote en faveur du Brexit de mi-2016 à fin 2017 n’est pas tâche aisée. La livre a beau remonter la pente petit à petit, les comparaisons avec cette année noire vont être difficiles.

Des raisons de se réjouir

Mais la société avait aussi de bonnes nouvelles à révéler ce mercredi, notamment ce nouvel accord avec la Corée du Sud. La marque y travaille avec son partenaire de longue date SHK Holdings, avec lequel elle va former une nouvelle entité qu’elle détiendra majoritairement pour gérer ses activités dans le pays.

Mulberry possédera 60 % de cette coentreprise et SHK les 40 % restants. L’investissement total des deux parties atteindra les 5,22 millions d’euros d’achat d’actifs et de développement d’activité. Aujourd’hui, la marque dispose de 18 points de vente dont des concessions, des outlets et des duty free. L'e-commerce et une plateforme omnicanale font aussi partie de ce nouveau plan d’activité et Mulberry Korea devrait commencer ses opérations dès cet automne.

Pour en revenir aux résultats pour l’année clôturée le 31 mars, la société a déclaré que son « rythme à l’international s’accélérait » et qu’elle constatait « un fort engouement pour le produit ».

Les bénéfices avant impôts des activités existantes (soit le Royaume-Uni, l’Amérique du Nord et la vente en gros, hors nouvelles entités en Asie) bondissent de 36 %, à 12,83 millions d’euros. Ceci avant déduction des coûts de démarrage de 2,27 millions d’euros et des dépenses de 2,72 millions d’euros liées aux nouvelles filiales asiatiques.

Ces coûts font donc tomber les bénéfices avant impôts de 8,51 millions d’euros à 7,83 millions d’euros, mais il est clair que l’activité est en train de reprendre, au moins dans une certaine mesure. La marge brute en hausse de 185 points de base à 63,5 % vient confirmer ces progrès.

Et si le chiffre d’affaires n’était en hausse que de 1 %, à 192,61 millions d’euros, les ventes au détail ont augmenté de 3 %, à 150 millions d’euros. Le Royaume-Uni était « peu dynamique », encore une fois, sans surprise étant donné les conditions économiques en Grande-Bretagne l’année dernière.

Croissance internationale

Les nouvelles sont aussi bonnes à l’étranger et pour l'e-commerce, avec un chiffre d’affaires en hausse de 20 % à l’international. Le digital augmente de 14 % et représente maintenant 17 % du chiffre d’affaires total du groupe, contre 15 % l’an dernier. La trésorerie de l’entreprise s’est également améliorée. À la fin de l’année, elle atteignait les 28,5 millions d’euros, contre 24 millions l’an dernier.

L’activité à l’étranger a été largement boostée par les nouvelles entités établies en Chine, à Hong Kong, à Taïwan et au Japon. Le réseau de boutiques en Asie a été doté de cinq nouvelles surfaces et deux boutiques existantes ont été relocalisées. L’extension des services omnicanaux à tout le réseau et le lancement d’un partenariat avec Toplife en Chine ont aussi aidé.


Mulberry

Les nouveaux produits ont également réussi à réveiller l’intérêt pour la marque. Le sac Amberley a notamment connu un grand succès cette année. La gamme Amberley est disponible dans une large palette de prix et de catégories, et sa fermeture Rider typique a été déclinée à d’autres secteurs, comme la petite maroquinerie, la chaussure et la joaillerie.

D’autres designs de sacs féminins ont été lancés, comme le Bayswater Tote et le Seaton, tandis que la ligne masculine se dote d’une nouvelle gamme Heritage.

La société s’est aussi concentrée sur des produits plus exclusifs. Un « Artisan Studio », qui produit des petites séries d’éditions limitées pour le Royaume-Uni et les marchés étrangers, a ouvert à Somerset et les articles ont été distribués dans des endroits triés sur le volet.

Le PDG, Thierry Andretta, garde un optimisme prudent. « Nous avons fait des progrès significatifs durant cette année dans notre stratégie internationale et créé de nouvelles filiales Mulberry », résume-t-il. « Nous sommes aussi satisfaits d’annoncer la formation d’une nouvelle joint-venture dont nous serons l’actionnaire majoritaire pour développer l’activité en Corée du Sud. Notre activité à l’étranger est en expansion et quand la phase d’installation en Asie sera terminée, nous nous concentrerons sur l’omnicanal, les partenariats digitaux et les investissements marketing dans la région. »

Traduit par Clémentine Martin

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