Montebourg s'engage pour une reprise de l'entreprise alsacienne en liquidation Virtuose

HIRSINGUE (France), 18 oct 2013 (AFP)- Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, s'est engagé vendredi à Hirsingue (Haut-Rhin) à trouver une solution en faveur d'un projet de reprise de l'entreprise textile alsacienne Virtuose, pourtant retoqué par la justice avant sa liquidation.
Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, le 27 mai 2013 à Paris Fred Dufour AFP
"J'ai décidé d'engager la parole du gouvernement dans cette affaire: nous souhaitons que le mandataire liquidateur change sa méthode, que les créanciers fassent évoluer leurs revendications", a lancé le ministre sous les applaudissements des anciens salariés, d'élus et du candidat à la reprise, l'entrepreneur local Pierre Schmitt.

Virtuose employait 58 salariés au moment de sa liquidation, contre 98 lors de sa mise en redressement judiciaire, fin 2012. La cour d'appel de Colmar avait confirmé début juin la liquidation prononcée en avril pour ce fabricant de tissus et spécialiste de la teinture de fils, écartant le projet de Pierre Schmitt.

"Il est très rare qu'un membre du gouvernement s'autorise à dire ce qu'il pense d'une décision de justice", a dit Arnaud Montebourg, qui avait publiquement critiqué cette liquidation.

"Mais je crois qu'il était nécessaire qu'on rebatte les cartes et qu'on ne laisse pas filer la procédure", a-t-il poursuivi après avoir visité l'usine, où étaient accrochées de nombreuses banderoles "Made in France" ou encore "Montebourg avec nous" .

"Je ne souhaite pas que ces machines partent d'ici", a insisté Arnaud Montebourg, expliquant qu'il souhaitait que le projet de Pierre Schmitt, jugé insuffisant par la justice, aboutisse par le biais d'"une vente de gré à gré en faveur de cette opération de reprise". "Je mets sous protection du gouvernement cette procédure", a-t-il dit.

Quelque 200 personnes étaient présentes sur place pour accueillir le ministre, dont des élus locaux et le président du conseil régional UMP Philippe Richert. La semaine dernière, des anciens salariés, épaulés par des sympathisants, avaient bloqué la vente publique des machines de la société, provoquant son annulation.

Selon le liquidateur judiciaire de l'entreprise, Me Philippe Froehlich, beaucoup d'acquéreurs étrangers étaient intéressés par la reprise des 74 machines.

Interrogé par l'AFP, Philippe Froehlich s'est "réjoui" de la venue du ministre, "car elle laisse entrevoir la possiblité d'obtenir un financement qu'en dix mois Pierre Schmitt n'a pas réussi à réunir".

"Vous êtes venu, c'est bien, on passe sur toutes les chaînes, c'est bien, mais la semaine prochaine est-ce qu'on travaille?", a demandé à Arnaud Montebourg une ancienne salariée, la voix tremblante.

Le candidat jusqu'ici malheureux à la reprise a fait part de son optimisme. "Il n'y a pas de raison qu'on ne puisse pas faire confiance à un membre du gouvernement", a dit Pierre Schmitt, expliquant que de nouvelles propositions allaient être faites au liquidateur.

Arnaud Montebourg "a dit clairement qu'il n'accepterait pas que ces machines partent: c'est pour nous la réponse la plus concrète et qui est pour nous la plus importante", a-t-il estimé.

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