Monoprix accélère sa digitalisation avec Sarenza

Monoprix prépare une offensive d’envergure sur le Web pour se positionner comme un « leader omnicanal du lifestyle ». Sa maison mère, le groupe Casino, a annoncé le 19 février son intention de racheter le pure player de la chaussure Sarenza. La transaction devrait être finalisée dans les semaines à venir.


Avec ses enseignes (Monoprix, Monop', Monop'beauty, Naturalia...), le distributeur compte 800 points de vente. - Monoprix

Sarenza n’est pas la première acquisition Web du groupe Casino, puisque ce dernier avait racheté l’e-shop de mode multimarque Msr (ex-MonShowroom) en 2012, avant d’en confier le pilotage aux équipes de Monoprix en 2015. Cette annonce intervient justement au moment où l’enseigne de centre-ville peaufine la naissance d’une plateforme mode globale absorbant les compétences et l’outil technique de Msr, comme nous vous l’annoncions il y a peu.

Avec ses 800 points de vente, Monoprix génère la grande majorité de ses ventes globales (5 milliards d’euros en 2017) via l’alimentaire, puisque le créneau du textile n’y contribue que pour près de 15 %. Pour assurer sa transformation digitale, le choix de Monoprix est donc de s’imposer sur le Web avec deux sites bien distincts : la plateforme mode Monoprix, qui devrait voir le jour à l’automne 2018, et l’e-shop alimentaire, en pleine évolution lui aussi. Il faut dire qu’en  novembre dernier, Monoprix a signé un accord exclusif avec le pure player britannique Ocado pour développer la livraison de produits alimentaires, incluant la construction et le pilotage d’un nouvel entrepôt automatisé en région parisienne. 

De son côté, Sarenza affichait l'an passé les 250 millions d’euros de ventes et une clientèle composée de 8 millions d’internautes. L’offre se compose elle de 650 marques et de 40 000 modèles. La revente possible de Sarenza n'est pas une surprise. Le portail « sera vendu ou introduit en Bourse » dans les trois ans à venir, annonçait dès 2015 son PDG, Stéphane Treppoz, après que le pure player a reçu à son siège la visite très médiatisée du ministre de l’Economie d’alors, Emmanuel Macron.

Présent dans 30 pays, le portail est à ce jour détenu à 80 % par le duo formé par Stéphane Treppoz et la directrice des opérations, Hélène Suprau. Contrairement à ses concurrents Zalando et Spartoo, le site a choisi de ne pas élargir son offre à l'habillement, pour se limiter aux chaussures et accessoires. Il s'est en revanche offert en 2014 une marque propre de chaussures, notamment afin de renforcer sa légitimité mode. Stratégie qui s'est déclinée sur l'homme deux ans plus tard avec Mr Sarenza. 
 
Devenir une référence du lifestyle, Monoprix y travaille depuis plusieurs années : depuis huit ans, une dizaine de capsules en collaboration avec des marques pointues et créateurs, prêt-à-porter, décoration, accessoires. L’enseigne née en 1932, prisée par les citadins pressés, mise surtout sur sa marque propre au positionnement moyen de gamme, enrichie d’une collection premium repensée durant l’hiver 2017/18.


Collaboration mariage pensée par le créateur Alexis Mabille. - Monoprix
 
« Faire bénéficier à l’ensemble des clients de Monoprix des produits vendus sur Sarenza depuis 2005 est une formidable opportunité qui fera du site Monoprix un modèle envié du commerce en ligne », anticipe Stéphane Treppoz, le PDG de Sarenza. De fait, toute l’offre chaussure et maroquinerie du e-commerçant sera commercialisée sur le site à venir de Monoprix. Devenant concurrente, la plateforme Sarenza aura-t-elle ensuite vocation à s’effacer ? Rien ne filtre encore sur la stratégie à long terme engagée par ce rapprochement.

Pour Jean-Charles Naouri, le PDG du groupe Casino, « cette opération place Monoprix au premier rang de la vente en ligne mode et décoration ». Un fauteuil disputé en France qui n’est pas sans rappeler les ambitions affichées par le groupe Galeries Lafayette avec l’acquisition de La Redoute. Cette nouvelle transaction illustre la convergence grandissante entre distributeurs physiques et pure players, à l’image également du rapprochement entre le chausseur André et le pure player Spartoo.

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