Mercari devrait réaliser la plus grosse introduction en Bourse de l'année au Japon

L’application japonaise spécialisée dans les articles d'occasion Mercari s'apprête à lever 1 milliard d’euros à l'occasion de son introduction en Bourse, la plus importante du pays cette année. L’entreprise cherche à répliquer le succès qu’elle connaît sur son marché domestique à l’international et notamment aux États-Unis, où elle est pour l’instant déficitaire.


L'interface de l'application de vente d'articles de seconde main. - Mercari

Dans un dépôt réglementaire publié lundi, Mercari a indiqué une introduction en Bourse évaluée à 3 000 yens (23,07 euros) par action, valeur haute d’une fourchette comprise entre 2 700 et 3 000 yens, ce qui porte la valeur de la start-up japonaise à 3,14 milliards d’euros. L’entrée en Bourse mêlera émission de nouvelles parts et revente de parts d'une partie des actionnaires existants.

La firme propriétaire de l'application permettant aux utilisateurs de vendre et d’acheter en ligne des articles de seconde main fera son entrée à la Bourse de Tokyo le 19 juin. Selon plusieurs sources, les investisseurs nationaux spécialisés dans le retail et les fonds étrangers se sont réjouis de l’introduction en Bourse de cette start-up, pourtant déficitaire aujourd’hui.

« La demande est particulièrement forte, avec de nombreux nouveaux comptes ouverts et de l’argent frais injecté », a affirmé Hitoshi Toyoshima, le directeur général de la compagnie de courtage en ligne Monex, qui fait partie des souscripteurs de Mercari.

L’entrée en Bourse de Mercari signera l’introduction la plus lucrative au Japon cette année. Elle sera par ailleurs la troisième introduction la plus importante pour une société de la tech au cours de ces cinq dernières années, derrière les 2,71 milliards d’euros de Japan Display en 2014 et les 1,1 milliard d’euros de Line Cor en 2016, selon les données de Thomson Reuters.

Fondée en 2013, Mercari a été la première licorne japonaise dans un pays qui peut s’enorgueillir de nombreux géants mondiaux, mais qui manque d’une culture start-up. Selon le spécialiste de l’analyse de données CB Insights, Mercari et la société Preferred Networks sont les deux seules licornes japonaises.

Les Etats-Unis, un marché encore déficitaire pour Mercari

Mercari, qui signifie "échanger" en latin, a réussi à devenir une référence au Japon en proposant une sorte de marché aux puces en ligne facile d’utilisation, où les utilisateurs peuvent acheter et revendre via l’application pour smartphone des vêtements, des livres, du mobilier et même des produits comme des biberons pour animaux.

Cependant, Mercari s’est attiré des critiques pour son manque de contrôle, qui permet apparemment à certains d’écouler des marchandises volées. La société a déclaré être en train de travailler sur un système de surveillance et de former son service client pour repérer les transactions illégales.

La société japonaise est bénéficiaire dans son pays, mais son expansion aux États-Unis, où elle est dirigée par l’ex-cadre de Facebook John Lagerling, s’est soldée par une perte nette de 32 millions d’euros pour l’exercice clos en juin 2017.

Au Japon, où l’application a d'ores et déjà été téléchargée 71 millions de fois, la société affiche un volume de transactions de 1,93 milliard d’euros pour les neufs premiers mois de l’exercice comptable en cours. En comparaison, aux États-Unis, l’application a été téléchargée 37,5 millions de fois, mais ne représente qu’un volume de 130 millions d’euros au cours de la même période.

Sur le marché nippon, Mercari doit se battre contre les applications rivales proposées par Yahoo Japan et Rakuten. Aux États-Unis, le deuxième plus important marché du e-commerce au monde, ce sont Ebay et consorts qui lui font de l’ombre. « Nous ne pouvons pas réussir à l’étranger sans conquérir les États-Unis, a déclaré son fondateur Shintaro Yamada à Reuters dans une interview en avril. Si un service est accepté aux États-Unis, il tend à devenir universel ». Pour l’année comptable en cours, la société table sur une hausse de 62,2 % de ses ventes, à 280 millions d’euros.

Traduit par Clémentine Martin

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