L’Union Européenne et le Japon signent un accord de libre-échange

Début 2019 entreront en vigueur les accords de partenariat stratégique et économiques passés entre l’U.E. et le Japon, créant une zone de libre-échange entre le Vieux Continent et l’archipel nippon. Un développement qui pourrait bénéficier à la filière textile et habillement européenne, dont le Japon est l’un des principaux clients. Une harmonisation des étiquetages textile est par ailleurs au programme, tandis que quelque 200 Indications Géographiques Protégées (IGP) seront désormais prises en compte par le Japon.


Shinzo Abe, Jean-Claude Juncker et Donald Tusk à Tokyo, le 17 juillet 2018

Le Japon est le huitième fournisseur de l’Union Européenne en textile avec 686 millions d’euros de marchandise en 2017, selon l’Institut Français de la Mode (IFM). L’archipel est dans le même temps le sixième client de l’UE en habillement (1,3 milliards d’euros) et le dixième client pour le textile (525 millions d’euros). Pour la France, le Japon est le quinzième fournisseur textile (97,9 millions d’euros de marchandises importées), le dixième client en habillement (224,4 millions d’euros), et le vingtième plus gros client textile (37,6 millions d’euros).

« Cet accord est aussi une déclaration, pour son contenu, sa portée, mais aussi le moment choisi » pour le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, dont la prise de parole faisait allusion à Donald Trump et aux politiques protectionnistes. C'est une déclaration faite par deux partenaires qui partagent les mêmes valeurs et représentent à eux deux près d'un tiers du PIB mondial. Notre message est que nous croyons à un commerce ouvert, équitable et fondé sur des règles. Nous sommes d'avis qu'un accord commercial n'est pas un jeu à somme nulle, mais un jeu où chacune des parties prenantes est gagnante ».

« A un moment où les mesures protectionnistes gagnent du terrain à travers le monde, la signature aujourd'hui de l'accord UE-Japon montrera une fois de plus notre volonté politique inébranlable de promouvoir le libre-échange », a pour sa part déclaré le ministre japonais de la Revitalisation économique, Toshimitsu Motegi, enfonçant le clou.

Les exportations européennes vers le Japon atteignent chaque année 58 milliards d’euros, contre 28 milliards en retour. Les importateurs européens débourseraient un milliard d’euros de droits de douanes par an aux portes du Japon. L’Europe table sur une hausse allant de 16 % à 24 % de ses exportations vers l’archipel. Quelque 74 000 entreprises européennes exporteraient vers le Japon, dont 78 % de PME, représentant 600 000 emplois liés à ces échanges avec le pays du soleil levant.

« Nous sommes très favorables depuis l’origine à cet accord, car le Japon est un marché important pour les produits de mode et de luxe », explique Emmanuel Butaud, délégué générale de l’Union des Industries Textiles françaises (UIT). Nous avons une certaine relation d’interdépendance avec le Japon, dont on importe beaucoup de fils et textiles techniques, et où l’on exporte beaucoup de produits finis, notamment maroquinerie et lingerie. Les taux de douane étaient déjà très bas, à environ 5 % pour le textile, mais cela n’empêche pas cet accord d’être une bonne nouvelle pour nous ».

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